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Les JO, c'est mauvais pour le logement

samedi 8 novembre 2008, par CAO


D’après une étude du Centre on Housing Rights and Evictions (COHRE), les Jeux Olympiques et les méga-événements entraînent infailliblement l’éviction forcée des plus pauvres et des plus fragiles des habitants des villes concernées. On peut lire la version intégrale, en anglais, du rapport sur le site du COHRE : www.cohre.org/store/attachments/COHRE’s%20Olympics%20Report.pdf

Ci-dessous traduits par nos soins, des extraits des conclusions du rapport.

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CENTRE ON HOUSING RIGHTS AND EVICTIONS (COHRE) supported by the geneva international academic network (gian)

"FAIR PLAY FOR HOUSING RIGHTS MEGA-EVENTS, OlyMpIC GAMES AND HOUSING RIGHTS" opportunities for the olympic movement and others

Extraits

Les pauvres et les sans-abri, les minorités ethniques maginalisées, ou simplement ceux qui sont sur les lieux de l’organisation de méga-événements, ont été chassés de leur maison ou de leur espace vital – voire de leur ville. Souvent, l’impact net de l’accueil des Jeux Olympiques ou de méga-événements similaires est de rendre, de façon permanente, le logement hors des moyens financiers d’une partie significative de la société. Cependant cet aspect du développement olympique n’a pas été systématiquement documenté. Ce rapport – le résultat de recherches intensives durant trois ans, par le Centre sur les droits au logement et sur les évictions (COHRE) et ses partenaires, est un effort pour combler cette lacune.

A Seoul, 720 000 personnes ont été chassées de force de leur maison durant la préparation des Jeux de 1988. A Barcelone, le logement devint si inaccessible, en raison des JO, que les gens à faibles revenus furent forcés de quitter la ville. A Atlanta, 9000 citations d’arrestation furent délivrées contre des sans-abri (principalement des Afro-Américains), dans la campagne en prévision des Jeux pour "nettoyer les rues et environ 30 000 personnes furent déplacées à cause de l’embourgeoisement et du développement dûs aux Jeux Olympiques". A Athènes, des centaines de Roms furent déplacés au prétexte de la préparation des Jeux. Dans la perspective des JO de Pékin, COHRE estime que plus de 1,25 million de personnes ont déjà été déplacées en raison du développement urbain lié aux JO, avec au moins 250 000 autres déplacements attendus dans l’année avant l’événement. A Londres, les logements de 1000 personnes sont déjà menacés de démolition, à plus de cinq ans des Jeux Olympiques.

Les recherche de COHRE ont établi que les Jeux Olympiques et d’autres méga-événements sont souvent des catalyseurs pour imposer des déplacements massifs et des diminutions des stocks de logements sociaux ou à bas coût, qui aboutissent à une réduction de la capacité à se loger. De plus, une législation spécifique est souvent introduite concurremment, par exemple pour autoriser les expropriations rapides ou pour criminaliser les sans-abri. Tous ces facteurs ont des impacts sur le logement, qui affectent de façon disproportionnée les membres de la communauté les plus vulnérables et les plus marginalisés. En outre, il y a souvent peu ou pas de participation des résidents locaux dans les processus de décision des méga-événements.

(…)

Depuis des décennies, les méga-événements culturels, sportifs et politiques ont été caractérisés par ces impacts négatifs sur le logement. Des milliers de personnes ont été déplacées ou évincées de force des sites des événements, et les déplacements et les évictions forcées dûs au développement urbain et à l’embourgeoisement liés à l’accueil de méga-événements sont également communs, le coût du logement montant en flèche et les stocks des logements sociaux ou à bas coût diminuant.

Des centaines de résidents pauvres ou âgés ont déjà été déplacés du centre ville de Vancouver, tandis que les promoteurs transforment les immeubles qui abritaient auparavant les indigents et les personnes âgées en boutiques, hôtels et locations touristiques. Les propriétaires expulsent les locataires pour rénover leurs propriétés et les remettre sur le marché en doublant le prix. La diminution des stocks de logements à bas prix est évidente sur le marché public et privé de Vancouver, avec des conséquences violentes pour les milliers de pauvres déjà sur les listes d’attente des locations abordables. On a aussi rapporté que les autorités de Vancouver discutent une proposition pour renforcer la loi contre la mendicité et la consommation de drogue – le genre de législation qui a été utilisée ailleurs, comme à Atlanta, pour viser les sans-abri.

"Des milliers de gens ont perdu leur maison depuis que cette ville a gagné les Jeux Olympiques. Il n’y a simplement pas de place pour eux. Les gens de Downtown Eastside meurent dans la rue." Kim Kerr, association des résidents de Downtown Eastside, Vancouver


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