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Un édito de Radio Grésivaudan bien informé contre les J.O

samedi 25 octobre 2008, par CAO


Toute la presse ne soutient pas la candidature grenobloise, contrairement à ce qu’affirme le maire Michel Destot. Si Le Daubé ou France Bleu Isère font servilement campagne aux côtés de la Chambre de Commerce, d’autres font leur travail, comme Radio Grésivaudan, dont l’édito du 24 octobre dernier rappelle les infamies olympiques.

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Radio Grésivaudan, 24 octobre 2008

Les caisses sont vides, la récession est là... mais heureusement en Dauphiné tout va bien. Nous sommes entrées dans la compétition pour voir organiser les Jeux olympiques d’hiver à Grenoble. Tous les habitants sont enthousiastes... Tous ? Non. Car des quartiers, des villages, des associations peuplés d’irréductibles Gaulois résistent encore et toujours à ces olympiades dauphinoises. Ces irréductibles Gaulois résistent à l’envahisseur grâce à la potion magique préparée par des citoyens, qui procure lucidité, idéalisme et mémoire à quiconque les écoute ou les lie.

Mémoire.

Il en faut pour ce souvenir que le montant total du coût des Jeux olympiques de 1968 s’élevait à 1,1 milliard de francs de l’époque. Les JO de 1968 ont été remboursés, via des impôts locaux augmentés, jusqu’en 1995 et les dettes remboursées par une taxe sur tous les billets de train achetés à la gare de Grenoble. Les JO de 1968 c’est aussi des massifs défigurés : tremplin à ski de Saint-Nizier du Moucherotte (280 000 m3 de terrassement ) devenu un tas de béton abandonné ; matériel d’éclairage laissé tel quel aux Trois Pucelles et sous le Moucherotte ; piste de bobsleigh de l’Alpe d’Huez – 3000 m3 de béton coulé - abandonnée depuis 1972... . Mémoire toujours, pour ce souvenir qu’en juillet 2005, suite à un sondage que la Ville de Grenoble avait commandé, les Grenoblois étaient 24% à être défavorables à la candidature. Aujourd’hui, quels seraient les résultats ? Les Jeux olympiques sont-ils la priorité pour les habitants ?

Lucidité.

L’idéal olympique est toujours mis en avant. Mais quel idéal ? La valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels proclamé par la Charte olympique ? Ou devons-nous retenir comme définition la déclaration du maire de Grenoble : "Une candidature en 2018 est une formidable opportunité pour notre ville" ; "Une formidable opportunité pour la montagne française, confrontée à une concurrence mondiale en matière de développement sportif, économique et touristique." Donc, mettre à genoux nos concurrents mondiaux en toute fraternité. Et pour respecter cet idéal, a été crée l’association "Pro JO" à l’initiative de la Chambre de Commerce et d’Industrie, qui ordonne dans un courrier aux patrons grenoblois : "Vous êtes chef d’entreprise responsable, vous vous devez d’être intéressé par cet événement." L’idéal olympique, serait-il celui de l’argent ?

Rappelez-vous : Le Comité international olympique confia l’organisation des Jeux olympiques d’été de 1996 à la ville d’ Atlanta. Atlanta obtient la majorité des votes des membres du CIO. Le choix d’Atlanta, siège social de Coca-Cola, au détriment d’Athènes, berceau de l’olympisme, ce qui semblait lui revenir de droit 100 ans après les premiers jeux de l’ère moderne lors des jeux du centenaire, suscita de multiples remarques. Pour beaucoup, Atlanta, et en particulier, Coca-Cola fut récompensée de sa présence de longue date dans l’olympisme, soutenant chaque édition depuis Amsterdam en 1928. La marque est devenue membre du programme TOP dès 1986, qui regroupe 11 multinationales finançant les Jeux olympiques (50% des sommes sont redistribuées au mouvement olympique et 50% servent à l’organisation des Jeux eux-mêmes). Il ne faut pas oublier que les retombées touristiques et en infrastructures (équipements sportifs, mais aussi ouvrages de génie civil, hôtellerie...) sont également cruciales pour les villes organisatrices. Plusieurs villes sont donc candidates pour les prochaines échéances, et la compétition entre elles est féroce. L’impact économique est tel que la tentation de recourir à la corruption est grande pour emporter la décision du CIO et se voir attribuer l’organisation des Jeux.

Doit-on être surpris de voir associer corruption et idéal olympique ? En parallèle des résultats des médailles, nous pouvons suivre les résultats judiciaires. En voici quelques exemples :

  • En février 2000, l’Australien Kevin Gosper, membre du CIO, est accusé d’avoir reçu pour près de 30 000 dollars de cadeaux de la part du comité de candidature de Salt Lake City. Le président du CIO, Juan Antonio Samaranch, sera convoqué par le FBI.
  • De 1986 à 2001, le Canadien Richard Pound, vice-président du CIO, percevait 200 000 dollars par an en moyenne, pour ses "conseils et services en matière juridique", en vertu d’un accord avec le président du CIO et malgré la règle affichée du bénévolat pour tous les membres du CIO. En 2001, au "Vrai Journal" de Karl Zero, l’homme d’affaires André Guelfi, condamné en première instance dans l’affaire Elf Aquitaine, affirme avoir permis à Moscou d’obtenir les JO de 1980 et d’avoir fait perdre Paris contre Pékin pour 2008. Une enquête a été ouverte par la justice française.
  • En 1968, dix jours avant l’ouverture des Jeux de Mexico, l’armée tire sur des manifestants étudiants et fait 300 morts. Le président du CIO, n’y voit qu’une "affaire intérieure" (sic).
  • En novembre 1998, Marc Hedler, un membre du CIO révèle l’existence de pots-de-vin pour plus de 10 millions de dollars au moment de l’attribution des jeux d’hiver à Salt Lake City en 2002. Il affirme que ces pratiques existent depuis au moins dix ans. Quatre membres du CIO démissionnent, six autres sont exclus pour corruption et une dizaine d’autres officiellement "avertis". Selon Tom Welch, chargé de verser les pots-de-vin pour le comité d’organisation de Salt Lake City, "80% des membres du CIO auraient dû être exclus".
  • En juin 2004, le sud-coréen Kim Un-Yong, vice-président du CIO, est condamné à deux ans et demi de prison pour corruption et 555.000 euros d’amende. La police avait découvert à son domicile plusieurs millions de dollars destinés, selon lui, à convaincre les autorités des deux Corées de défiler sous une bannière commune lors des jeux Olympiques de Sydney en 2000. ....

Idéalisme

Idéal Olympique. Est-ce que cet idéal ne serait pas par exemple que les sportifs handicapés et valides participent aux même JO ? Pourquoi d’un côté des Jeux olympiques avec leur logo, leur hymne, leurs sponsors et de l’autre des jeux paralympiques. Cette séparation fait-elle parti des valeurs éducatives du bon exemple et du respect des principes éthiques fondamentaux universels proclamé par la charte olympique ? Cette simple existence de 2 jeux différents, de l’interdiction des paralympiques d’utiliser les anneaux olympiques pour des questions de droits, donc de finances devrait interroger les collectivités territoriales sur le sens d’être candidat aux jeux. La mémoire des paralympiques passés semble montrer que la question du sens ne se pose pas à la vue de la couverture médiatique et de l’absence des élus à ces cérémonies...

E.L

A retrouver sur : http://www.radio-gresivaudan.org/Editorial-du-24-octobre-au-1er.html


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