Moins vite, moins haut, moins fort.
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Jacques Hennebert : conseiller municipal et membre du comité des Jeux Olympiques en 1968, opposé à la candidature de Grenoble pour 2018.

jeudi 30 octobre 2008, par CAO

Jacques Hennebert a été élu conseiller municipal en 1965, dans la municipalité de Hubert Dubedout, sur la liste du PSU. Il s’est engagé dans le Comité pour les Jeux Olympiques de 1968, plein d’enthousiasme et heureux d’accueillir les sportifs du monde entier. Il a vite déchanté. Depuis, il ne veut plus entendre parler de Jeux Olympiques. Il a été vice-président de l’ADTC (Association pour le développement des transports en commun) pendant une dizaine d’années et il est vice-président de Rue de l’Avenir, une association nationale qui se bat pour limiter la voiture en ville. Découvrons l’époque étonnante où l’on pouvait descendre de Saint-Nizier à Grenoble en ski, et comment, concrètement, les Jeux de 1968 ont dévasté Grenoble, la ville et les mentalités.

"Pour introduire le sujet je voudrais dire que l’adjectif "olympique" est perçu de façon très positive. On ne peut pas aller contre ça. On parle d’une "forme olympique", d’un "idéal olympique". Il ne faut pas critiquer le concept mais sa version dévoyée. Le concept, c’est le sport désintéressé, nu, avec peu ou pas de spectateurs : c’est un hommage à ceux qui étaient là avant nous et qui étaient un peu idéalistes. Aujourd’hui c’est très mal vu d’être idéaliste. La version dévoyée, c’est ce qui va suivre.

Il est difficile de faire une comparaison entre les jeux de 1968 et ceux qui pourraient avoir lieu en 2018 parce qu’il y a eu Mai 68, la mondialisation, le changement climatique, la surconsommation, tout ça n’existait pas en 68. Le monde a changé. Mais les erreurs de 68 peuvent se répéter.

Les Jeux avaient été décidés sous la municipalité Michallon. Nous avons été élus en 65 et c’était inscrit dans les programmes des candidats. Moi j’étais sur la liste du PSU de Mendès France et Rocard. On était tous à fond la caisse pour les Jeux, heureux, enthousiastes, on croyait à tout, c’était l’avenir, le sport, ça se mélangeait sans doute un peu dans nos têtes. Je ne me souviens pas qu’il y ait eu des récriminations. Avant les Jeux, les Grenoblois étaient globalement contents, avec une certaine fierté.

Que s’est-il passé au moment des Jeux de 68 ? Les collectivités et l’Etat ont mis le paquet sur des équipements spécifiques. Le tremplin de Saint-Nizier, c’est banal de dire qu’il ne sert plus à rien. L’anneau de vitesse, c’est dommage que cet investissement ne soit pas devenu un endroit populaire pour s’amuser le dimanche en hiver sans prendre sa voiture pour aller en montagne. Ça a duré un moment puis ça n’a plus été estimé rentable. C’est un choix politique, on a préféré mettre de l’argent dans le foot.

Urbanisme : tout le monde s’écrase devant les Jeux

Parlons des grands boulevards, où j’ai habité avant 68. Il y avait des trottoirs de 12 mètres qui étaient des vrais jardins pour les enfants. Mon fils y a appris à faire du vélo, les enfants descendaient pour jouer parce que c’était un jardin. Les Jeux Olympiques ont été l’opportunité pour tous les techniciens et les politiques de l’époque de mettre une croix dessus en disant : il faut que les bagnoles passent. En 68 on a tout cassé, on a fait des contre-allées où rentrent les voitures, et ensuite stationnent sur les trottoirs, c’est devenu l’horreur. Récemment on a dû refaire les boulevards de façon un peu plus humaine, on n’a pas retrouvé les 12 mètres d’avant.

En 1966, je me souviens avoir réveillé mon fils à une heure du matin pour qu’il vienne voir la transhumance qui passait sur les boulevards. Je me souviens d’un grand silence, puis des clochettes. En 68 les moutons sont passés en camions, j’ai vu passer les camions, et les moutons se plaindre. Ça m’a fait mal au cœur.

Pour les Jeux on a aussi fait l’autopont, avec une vision très routière. L’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées disait : on commence par là et le suivant c’est le carrefour Jean Pain. On allait faire des autoroutes partout pour traverser Grenoble, c’était la mentalité de l’époque, des ingénieurs des Ponts et Chaussées. Ce qui prouve une fois de plus qu’il ne faut jamais laisser les techniciens faire tout seuls, ils font des bêtises. Ils sont très gentils mais font des bêtises. J’ai moi-même été technicien.

L’exemple des grands boulevards me paraît caractéristique de graves erreurs parce qu’on a cédé à des réflexes de soi-disant modernité, d’urgence, d’image, sans réflexion véritable. Les urbanistes de l’époque se sont un peu écrasés et n’ont pas eu la vision d’avenir.

On a fait beaucoup de choses et on l’a mal fait. Et aujourd’hui, en 2008, on veut nous faire avaler des couleuvres, disant que pour les Jeux de 2018 il faut faire la rocade. C’est devenu une des pièces maîtresses, et comme les élus socialistes, et la Métro, ne savaient plus comment faire passer la rocade, ils sont tout contents de trouver l’opportunité des Jeux pour dire : de toute façon il n’y a pas à discuter, c’est un fait, c’est normal parce qu’il va y avoir du monde. Donc il nous faut la rocade, comme si c’était inscrit dans l’histoire et qu’on devait y aller un jour ou l’autre. Par ailleurs la ville de Grenoble développe des consultations très sérieuses et intéressantes sur l’avenir du centre ville et des quais, et sans le dire, on suppose que c’est grâce à la rocade qu’on pourra apaiser la circulation dans ces secteurs. Ça fait partie d’une stratégie globale où la rocade est incluse, ce que nous contestons. Pas seulement moi mais l’ADTC (NDR : Association pour le développement des transports en commun, des voies piétonnes et des voies cyclables) et toutes les associations convenables sur la place grenobloise. Les erreurs peuvent se répéter, après les boulevards en 68, l’erreur de la rocade est peut-être pour bientôt. Ce qui est caractéristique : sous prétexte de nécessité globale pour faire passer les Jeux, on ne discute même plus. Devant les Jeux tout le monde s’écrase. En 68 sur les grands boulevards, l’interdiction de stationner et de circuler a été complètement respectée, tout le monde se faisait tout petit pour laisser passer les Jeux. Voir les grands boulevards déserts pendant 15 jours ça faisait un drôle d’effet. Ils étaient interdits, pour ne pas gêner le trafic des camions de neige ou de tout le nécessaire. Il y a une discipline presque militaire qui a très bien fonctionné en 68. Les gens se sont écrasés. L’armée était présente, mais les gens aiment les Chasseurs alpins.

Après les Jeux de 68, dans les premiers mois on a profité des aménagements. Les grands boulevards au lendemain des JO c’était pas désagréable. Mais rapidement, comme on avait créé une offre routière, les voitures s’y sont engouffrées, les gens ont acheté des voitures. L’ADTC a commencé à évoquer le tram, et l’adjoint à l’urbanisme, Jean Verlhac, en 71, est venu nous voir au PSU et nous a dit : "vous vous rendez compte à l’ADTC ils veulent le tram, comme le tram de nos grands-mères". Le monde associatif a évolué plus vite et a mis en débat dans la population le tram. Un peu comme pour la rocade aujourd’hui. Les élus sont tous pour, mais l’ADTC prévient que c’est une bêtise.

En 65 avec des copains de la municipalité on avait mis en avant un rapport de Buchanan, un Anglais, qui avait écrit "Traffic in town" et qui privilégiait le piéton en ville, en mettant en garde contre la voiture. La ville est faite pour rassembler, et les hommes ne se rassemblent pas dans des voitures mais en tête à tête, à pied. On sentait déjà le danger à l’époque. Pourtant, on a, j’ai laissé faire des erreurs de techniciens qui ont adapté la ville à la voiture, avec trop de voies, trop larges, avec des courbures de virages permettant de tourner à toute vitesse. On a cédé à la pression des techniciens, qui avaient forcément raison. Sur les boulevards, à une époque, on pouvait rouler à 100 à l’heure. J’en ai fait l’expérience. Boulevard Jean Pain devant la mairie les gens roulaient à 100 à l’heure jusqu’au boulevard Agutte Sembat, sur deux fois trois voies. Il a fallu faire changer les mentalités centimètre par centimètre. On a construit des villes pour la périphérie, chacun son petit pavillon, sa voiture.

L’idéal olympique : "On va les écraser".

Maintenant, les mentalités. Ça me tient beaucoup à cœur, parce que ça a été assez caractéristique. Pour résumer, il y avait une grande attente, de l’enthousiasme, puis une immense déception. Chez Merlin Gerin on travaillait tôt le matin et on avait l’après-midi libre pour voir les compétitions. Les gens étaient contents de changer leurs habitudes, de participer. J’étais enthousiaste, curieux, et j’ai déchanté. Chacun mettait un peu de soi dans le projet. Moi c’était l’idéalisme : l’universalité, l’accueil des gens, la rencontre entre coureurs, les échanges. C’était pour moi la mondialisation des hommes. Le résultat a été : "on est meilleurs que les autres". Ça a été la pire des déceptions. Une exacerbation de patriotisme qui s’exprimait à travers les blagues. Les gens disaient : "On va les écraser". Ce qui s’est produit, c’est que les Grenoblois ne se sont pas réjouis d’accueillir les autres, ou plutôt ils se réjouissaient qu’ils soient là pour leur mettre la piquette. Sur mon lieu de travail on disait : "t’as vu ce qu’on leur a mis".

Après les Jeux de Grenoble, l’esprit de compétition s’est développé de façon assez épouvantable, à Grenoble et en général. En plus, manque de chance, les Français ont raflé beaucoup de médailles, et la conséquence a été une recrudescence du patriotisme. Je me souviens d’un Yougoslave arrivé très en retard dans une course, les gens s’en sont moqué pendant longtemps. Le public vibrait au stade de glace le soir, ça gueulait. Sur les bords des pistes, il n’y avait aucune vibration dans le public, qui était coupé des officiels et des coureurs. Tout était cloisonné, il y avait des petits contacts entre officiels et sportifs, mais les coureurs disparaissaient sitôt la descente finie. Les gens restaient là comme des cons, ils s’étaient gelés en attendant le début. Il y avait des rigolades au moment des chutes de certains coureurs, c’était un spectacle.

Dans les stations de ski, les gens qui avaient des dossards dans le dos avec un numéro étaient prioritaires et passaient devant tout le monde. "Compétition !" Un jeune de 17 ans qui avait un numéro bousculait tout le monde et, fier comme Artaban, prenait sa perche avant tout le monde. C’était une mentalité épouvantable. J’ai énormément souffert de cet esprit de compétition parce que ça n’a pas cessé. Dans les écoles et les entreprises, on disait : les jeunes doivent faire de la compétition, ça les occupera. Il s’ennuient et font des conneries, donc pour les occuper il faut qu’ils fassent de la compétition. De très bons copains m’ont tenu ce discours et m’ont sidéré. On me disait : toi tu vas en montagne en rêveur. Plus je vieillis, plus je trouve que cet esprit de compétition a des effets pervers. Jeune, moi aussi je regardais ma montre quand je montais à un refuge, quand j’avais la forme j’étais content. J’avais un certain contentement dont je ne suis pas très fier aujourd’hui. C’est dans la nature humaine, mais ce qui est dommage c’est que ce soit exacerbé par des événements comme ceux-là. Les Jeux de 1968 ont fait évoluer les mentalités, absolument.

Jean-Claude Killy, en 68, était un homme plutôt modeste. Autant Goitchel était déjà insupportable, autant lui ne la ramenait pas, ne parlait pas trop, semblait ne pas en revenir lui-même. Après ils ont été pourris par tous les ponts d’or, les marques commerciales, les cérémonies, les réceptions, alors ils ont pris du ventre. Aujourd’hui la France le met en avant, il fait bien dans le décor.

Je n’ai pas du tout suivi les Jeux d’Albertville, j’étais complètement écœuré. Quand on en parlait à la radio, à la télé, je tournais le bouton. Après 68 je ne voulais plus en entendre parler. C’était vraiment les jeux du cirque. C’est un retournement complet par rapport à ce que j’avais pu être. Mon vécu personnel, et les réactions des gens autour de moi m’ont conduit à cette évolution. Je ne suis pas le seul. Je ne vois plus personne du comité de 68. Les gens de la Chambre de Commerce, je n’avais pas envie de les fréquenter, et les autres de la municipalité sont presque tous morts. J’étais le plus jeune à l’époque. Quand j’en rencontre un ou deux par hasard, on ne parle surtout pas de ça.

Les commémorations des Jeux de 68, le Coljog (NDR : Conservatoire-observatoire-laboratoire des jeux Olympiques de Grenoble), j’ai suivi ça de loin, ça m’intéresse vraiment pas. Ça me paraît tellement nul comme préoccupation que je n’irais pas mettre cinq minutes là-dedans. J’ai vu les panneaux, les 40 ans au parc Paul Mistral. Mais il m’a semblé que ça n’avait pas d’écho dans la génération actuelle.

Pour être honnête, il y a un point positif, un seul : la découverte du ski de fond, un sport populaire. N’importe qui pouvait se louer une paire de skis dans un foyer et essayer de se faire plaisir. C’était démocratique, j’adorais l’ambiance de ces foyers de ski de fond, il y avait une convivialité. Autrans a été complètement bouleversé. Ça a touché tout le monde, y compris les enfants. Et c’était pas "laisse-moi passer, j’ai un dossard dans le dos". Moi j’ai découvert le ski de fond à ce moment-là. On allait en faire avec Dubedout dans le Vercors, il y avait les avantages de la rando, en moins contraignant. Le ski de fond est né en France, et dans notre région, à ce moment-là. On peut en faire quand on est pauvre, les différences se voient à peine sur l’équipement.

Quand j’étais étudiant et que j’allais aux 2 Alpes ou à Chamrousse, il y avait un seul tire-fesse. Pour monter à la Croix de Chamrousse, on n’avait même pas de peaux, on accrochait nos skis avec des cordes. Puis on descendait jusqu’à Uriage – il y avait encore de la neige. On prenait aussi le tram place Grenette jusqu’à Saint-Nizier, et on redescendait à ski. On a démantelé ce tram, c’est une belle erreur.

Plus gros, plus riche, plus fort… que les autres

Toute la ville a changé avec les Jeux. A part quelques petites opérations positives de rénovation de quartiers insalubres, de logements à loyer modéré, la ville a été bouleversée. Les urbanistes ont fait passer le train plus au sud pour permettre l’agrandissement de la ville. Ça a entraîné des travaux considérables. L’idée des élus de l’époque était de décentraliser le centre ville vers un "pôle sud", qui est Grand’Place. Grenoble s’est mis à changer à une vitesse folle.

Plus tard, en 73, y a eu le plan Bernard, un illuminé qui voulait mettre un million de personnes dans des tours avec des autoroutes au pied, par exemple au Rondeau. C’est assez folklorique, mais il faut savoir à quoi on a échappé. En 68 c’était déjà dans l’air de faire du gigantisme et de ramener du monde à soi comme étant une preuve de réussite.

Je critique le gigantisme et les élus qui se félicitent de la croissance. Les régions en croissance, l’Ile-de-France, Rhône-Alpes et PACA, ont des élus qui se félicitent et qui s’attribuent les mérites de cette croissance et veulent la poursuivre coûte que coûte. On fait l’impasse sur l’aménagement du territoire, sur l’équilibre des richesses entre régions. Tout ça on n’en parle plus, c’est la compétition entre régions. A Grenoble on a voulu un Grand Stade, un grand hôpital, une grande Maison de la Culture, etc, parce que : "c’est moi, Destot". J’ai pris un peu de recul, ayant vécu plusieurs municipalités, ayant fait des erreurs moi-même, en particulier dans la municipalité Dubedout, j’ai cautionné des trucs que j’aurais jamais dû cautionner. Ça m’autorise à dire que les gens qui ont du pouvoir ne savent même pas eux-mêmes qu’ils agissent, inconsciemment, pour valoriser leur propre image et leurs propres actions. Le discours sur l’image et l’attractivité du territoire, c’est une maladie psychosomatique contractée par un grand nombre d’élus, et contagieuse. Je parle à certains élus, je leur dis : "ça déconne, cette surconsommation, ça rime à quoi, on va droit dans le mur." Certains, comme Jacques Chiron (NDR : adjoint aux Déplacements), me disent : "t’as raison, faut que j’en parle aux autres". Mais ça n’avance pas vite.

Ce projet de gigantisme, aujourd’hui on s’en félicite. En 68 c’était dans l’air, mais moins clairement, on avait encore quelques scrupules à l’afficher, l’époque était un petit peu dans la morale, et la morale exclut ce genre de comportement.

En 68 Grenoble était déjà dans une vitesse d’évolution plus rapide que d’autres villes, avec une population qui augmentait régulièrement. Grenoble était connue comme une ville où venait beaucoup de main d’œuvre d’ingénieurs techniciens. Les Jeux, par la grandeur de l’événement international, par l’investissement de l’Etat, ont provoqué une accélération : ce développement est devenu extrêmement rapide. C’était une volonté affichée et partagée.

Aujourd’hui on a le même discours. Ce sont surtout les communes de la Métro qui sont en croissance. Toutes proportions gardées, l’accélération en 68 était sans doute plus forte. Je ne sais pas ce qu’ils nous concoctent dans le comité pour 2018, ils vont peut-être nous sortir des cartons des trucs complètement délirants. Il y a une espèce de collusion entre leur désir de nous refiler la rocade en douce et le besoin de grandeur de certains élus.

Les Jeux de 2018, le Sillon alpin et la croissance

A propos du Sillon alpin, ce qu’on cherche ce sont des effets de croissance et c’est fondamentalement pervers. C’est au nom d’un soi-disant progrès. Je conteste le progrès. Quand on parle de progrès il faut savoir pour qui et pour quoi faire, autrement on n’a pas le droit d’en parler, on est un usurpateur. On trompe les foules avec le progrès. Si c’est pour faire toujours plus, plus grand… Il faut faire marcher son intelligence. Les gens ont créé la ville, se sont rassemblés pour pouvoir lutter contre les événements, avoir un accès aux services, échanger entre eux : la ville est née comme ça. Mais ça ne veut pas dire que le mouvement en lui-même est vertueux. Il ne faut pas confondre l’objectif, pourquoi on fait ça, pour qui, avec la forme, à savoir la vitesse. La forme n’est pas vertueuse. Il y a sans doute un problème de liaisons en transports publics dans le Sillon alpin : qu’on résolve ce problème, mais qu’on n’utilise pas le projet de Sillon alpin, un truc énorme, pour avoir des transports. C’est encore une fois prendre le prétexte des transports pour faire autre chose. Il faut toujours se demander pour quoi faire.

A propos de la candidature de 2018, je ne suis pas étonné de Michel Destot, compte tenu de ses ambitions personnelles. De la part de Stéphane Siebert, ça me navre littéralement. C’est un homme intelligent, attentif, rigoureux, et je suis sidéré de voir qu’il adhère au projet. Il fréquente Destot tous les jours, il est sous pression. Sa copine (NDR : Geneviève Fioraso), députée, j’essaie de lui glisser dans l’oreille de faire attention. Je pense qu’elle n’est pas à fond pour les Jeux, mais n’ose pas le dire. Il y a sans doute une certaine solidarité entre élus. Dans le milieu associatif on n’a pas encore pris position, mais je sens qu’à la première mesure annoncée on va se mettre à hurler. C’est un problème de fond avec Destot, que les associations sont obligées d’affronter. Je fais des papiers dans mes journaux associatifs. Mon arme c’est d’écrire. Et de temps en temps quand je rencontre un élu, je le coince et je lui dis ce que je pense. Je ne sais pas si ça peut changer quelque chose, mais je crois à la théorie du grain de sable."

Propos recueillis par le Comité Anti-Olympique à Grenoble, le 28 octobre 2008

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